Née à Besançon en 1974, Vidya
Gastaldon a trouvé un langage artistique original en menant
de front deux pratiques qui ne semblent avoir aucun point en commun.
Même si le dessin semble avoir pris le dessus sur les sculptures,
récemment, c’est la tension entre ces deux registres
que l’exposition tentera de mettre en pleine lumière.
Les dessins au crayon de couleur et à l’aquarelle puisent
dans l’illustration psychédélique. Ils mettent
en scène des personnages emblématiques de religions
très diverses (le prénom de l’artiste emprunte
au panthéon bouddhique) au côté de monstres gentils
ou d’autres plus inquiétants, sur fond de décors
post-nucléaires — les nuages atomiques le disputent
en effet aux aurores boréales et aux champignons magiques —,
sans programme iconographique bien défini, dans une ambiance
générale où dominent les formes molles et les
couleurs guimauve. Les sculptures sont géométriques
pour la plupart. (D’autres, pourtant, figurent des personnages
en barbe-à-papa appartenant à l’autre corpus.
Mais nous les laisserons à part.) Elles mettent le spectateur
aux prises avec des objets abstraits aux connotations symboliques
impénétrables qui pourraient être d’une
raideur glaciale si l’artiste ne les habillait de laine souvent
façonnée au tricotin, évoquant ainsi la rencontre
improbable du minimalisme et du macramé, de Walter de Maria
et de Mike Kelley, du post op et du crochet, d’Annette Messager
et John Tremblay, avec lequel Vidya Gastaldon a collaboré à l’habillage
d’une voiture de sport, comme Calder l’avait fait avant
eux, mais à la manière dont, en Asie, on peut parer
un éléphant pour une procession…
L’exposition sera précédée d’une résidence
au cours de laquelle l’artiste se donne pour but d’explorer
la tradition délirante des Tentation de Saint-Antoine, après
s’être longuement penchée sur la représentation
qu’en a donnée Jérôme Bosch, en particulier,
dans son polyptique conservé au Musée d’art ancien
de Lisbonne. Aucun autre endroit ne pouvait mieux lui convenir que
l’ermitage de Kerguéhennec.
Frédéric Paul.
Vidya Gastaldon est représentée par
les galeries Art Concept, Paris (http://www.galerieartconcept.com),
Francesca Pia, Zurich (http://www.francescapia.com) et Hiromi Yoshii,
Tokyo (http://www.hiromiyoshii.com).
Site de l’artiste : http://www.vidyarama.com
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