En résidence depuis plusieurs mois à la
Cité Scolaire Bellevue, cantine, coursives, couloirs et lavabos
sont devenues pour l’artiste un vaste terrain d’expérimentations.
Jérémy Laffon engage ici un nouveau jeu dont le ton
est donné par l’incongruité.
En touriste contemplatif Jérémy Laffon, s’inspire
du résiduel, de son observation patiente : l’immuable
fuite du robinet vient sculpter le savon qui devient ossature précaire,
architecture minérale, puis mur. Un mur de savon de Marseille,
symbiose entre sa dernière ville transit et sa terre d’adoption
temporaire, la ville d’Albi. Loin de chez lui, Jérémy
Laffon remonte les murs, au propre comme au figuré. Il nous
invite à une visite guidée du clocher de la cathédrale
d’Albi, comme un « second effet carte postale ».
« L’artiste a bricolé sa propre flycam et se
transforme en chef opérateur funambule qui cadre sans oeil.
Tourner n’a plus la même signification. Le cadre est
voltigeur : Jérémy met en scène un jeu objectif
et atmosphérique aux règles anti-contemplatives, qui
place la vidéo aux antipodes de la communication ».*
A son invitation et au risque d’une balle perdue, un chasseur
tire et dévie notre survol de la campagne tarnaise.
L’ensemble du travail de Jérémy Laffon prend
la forme d’une œuvre buissonnière, sérieuse
et amusée, solitaire et collective. Funky juice est un apparent
jeu de récréation, où les flaques d’eau
piégées dans les trouées du bitume se voient
teintées d’une couleur intruse, monomaniaque, un orange
opaque : Irruption colorée entre les à plats quotidiens
de la pelouse et du goudron. Le cratère prend alors surface.
*Luc Jeand’heur 2009
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