Le film Intimacy de Patrice Chéreau… Deux
amants se retrouvent dans une maison, sans se parler ni se connaître.
Une absence de communication et une relation d’une extrême
intensité.
Si les images du film sont prétextes, pour Anne-Charlotte
Depincé, à faire des tableaux, c’est peut-être
parce que ce film, précisément, lui propose le lien
entre peinture et cinéma.
Le mutisme du film comme le mutisme des personnages
lui font penser à celui
de la peinture, une « saturation de signes magnifiques qui
baignent dans la lumière de leur absence d'explication »,
comme le formule Manoel de Oliveira.
Une peinture ne se livre pas tout de suite, son sens
reste opaque, elle impose d’abord sa présence physique.
Peindre l’intimité donc, la proximité des corps
et leur distance. Le calme apparent des postures du sommeil, couve
l'émotion et l'enthousiasme, face à la puissance de
la touche picturale et la pertinence du regard.
Le geste du peintre envahit la toile par ses couches successives,
de la même façon que l’oeil du cinéaste
filme son univers.
En jouant sur d'infimes nuances de blancs grisés et bleutés,
un voile délicat est jeté sur la réalité
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