Raphaëlle de Groot
Née
en 1974 à Montréal, vit et travaille à Montréal
(Canada)
Raphaëlle de Groot est engagée depuis près de dix
ans dans une oeuvre polymorphe que
l’on ne saurait décrire à partir des moyens qu’elle
emploie – dessin, performance, vidéo,
installation, édition ou commissariat d’exposition.
De fait, cette oeuvre se déploie à travers des projets
ou plutôt à travers des dispositifs de
travail dans lesquels l’artiste s’implique seule ou à plusieurs – certains
projets étant conçus
pour des groupes de personnes réunies par une activité ou
une expérience commune. À
ces dispositifs, qui consistent à expérimenter une situation
(dessiner à l’aveugle, peindre
avec des gestes contraints à l’extrême ou selon
des consignes données par un tiers…),
elle se garde bien de donner une finalité. Qu’elle agisse
seule ou avec d’autres (ouvriers,
malvoyants, religieuses, employées de maison), elle reste très
attachée au processus et
cherche constamment à préserver une hyper réceptivité à ce
que peut produire le dispositif
et surtout à ce qu’elle n’attend pas. L’attention
portée aux détails, à ce qui semble sans
importance, sans poids ou sans qualité est une des données-clef
de sa démarche. Quantà sa pratique, elle tient de l’enquête et de l’étude,
de l’investigation et de l’expérience.
S’il est une visée qui persiste à travers ses partis
pris et ses stratégies, c’est celle de remettre
sans cesse en cause et en jeu toutes les données qui fondent
un geste artistique depuis
la position de l’artiste, auteur, acteur, passeur… jusqu'aux
limites de son champ d’action
et aux conditions dans lesquelles l’oeuvre émerge.
Séverine
Hubard
Née à Lille en 1977, vit et travaille à Strasbourg.
Séverine Hubard se définit volontiers comme sculpteur.
Le terme lui convient bien en ce
qu’il fait écho à la dépense physique et à l’énergie
déployée dans un travail de construction
d’objets ou de structures. Cependant, ses oeuvres tiennent aussi de la
performance, du
dessin, de la photographie et de la vidéo. Le plus souvent, elle néglige
les pratiques dites«
d’atelier » pour travailler à partir d’un lieu ou d’une
situation qu’elle est invitée à investir.
Forte d’une réelle capacité à saisir les enjeux d’un
site, elle s’est rapidement fait connaître
en France et à l’étranger pour ses interventions dans l’espace
urbain ou dans des espaces
d’exposition. Ses actions consistent en des constructions faites de matériaux
de récupération
assemblés avec un art savant du bricolage et de l’à propos.
Toujours pensées en
fonction d’un contexte donné (un espace, un public, un bâtiment,
un quartier, ses habitants….)
certaines sont éphémères, et parfois de grande ampleur,
tandis que d’autres sont
pérennes mais toujours nomades.
Qu’elles jouent de positions ou d’agencements inattendus dans l’espace
conquis, qu’elles
composent avec l’ambiguïté d’une échelle qui hésite
entre le mobilier et l’architecture, ses
oeuvres sont autant de défis lancés à l’autorité de
toute construction, à sa forme, son poids,
son immobilité et aux comportements qu’elle induit.
En détournant les matériaux de leur usage courant, en déplaçant,
pour les re-agencer,
formes, objets et regards portés sur ce qui nous entoure, Séverine
Hubard redéfinit les lieux
où nous vivons et invente de nouvelles manières de les habiter. |