Ed Huo est né en 1989 à Shimian,
province de Sichuan, Chine.
Il vit et travaille à Denver, Colorado, Etats-Unis, depuis
2006.
Il a étudié au Lockwood College of Arts, Denver.
Expositions personnelles :
2006- Edulson Gallery, Denver, Etats-Unis
Contemporary Art Contest, Philadelphie, Etats-Unis
La Marelle, Dijon, France
2007- Biennale de Valladolid, Espagne
Two Limes Gallery, Milan, Italie
Kunsthaus de Linenbrück, Allemagne
Merrystone Gallery, New York, Etats-Unis
Texte
de Het de Prijzen (traduction - néerlandais
: Pierre Monjaret)
Avec la dernière exposition d’Ed Huo, nous sommes amenés à mettre
en regard l'un de l'autre un « mode de production » d'un
côté, et un « mode de représentation » de
l'autre. En d'autres termes : nous sommes amenés à mettre
en regard le « style » économique d'une société donnée
et son « style » idéologique et artistique. Une
pareille confrontation est-elle possible ? Alors que le premier réflexe
de tout spécialiste de l’art contemporain serait de
dire « non », il découle d'une façon absolument
indiscutable , lors de la visite de ‘Limits’, que nous
avons pleinement le droit de procéder à cette confrontation.
Nous découvrons qu’un transpalette est très intéressant
sur le plan symbolique ; c’est pourquoi il est décliné,
dans l’exposition à la Bergerie - Lieu d’Art Contemporain,
sous plusieurs formes (installation, performance, sérigraphie,
vidéo). L’ego est capable de tout annexer à ses
propres fins, y compris la spiritualité. Le jeune artiste
d’origine chinoise approche la matérialité d’une
façon radicale. Il commence à la considérer
avec fascination, puis il l’examine. Mais, en tout état
de cause, comme il se refuse à absorber véritablement
quoi que ce soit, il ne se borne nullement à imiter mais à circonvenir.
En raison du contraste qu’il instaure, l’epokhè,
ce phénomène de mise en suspens est particulièrement
sensible dans les dispositifs où l’artiste montre des
individus aux prises avec des outils ou des machines à l’aspect
ontologiquement suburbain. En se plaçant devant la dernière
installation, le spectateur peut apercevoir, d’un même
point de vue, une vision globale de notre monde et une diffraction
du réel que dissocient les images. Lorsqu’on considère
l’histoire de la culture visuelle, force est de constater qu’Ed
Huo se situe dans une superbe continuation épistémologique
des premières représentations de la postmodernité.
Devant cette magnifique exposition, on ne peut qu’être étonné qu’un
si jeune artiste montre une telle intelligence et un tel regard.
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