Essentiellement
peintre et vidéaste, il
développe et lie depuis quelques années sa peinture à des
installations sonores. A partir d'un mode conceptuel et minimal il
cible son travail sur la complexité de l'appartenance sociale,
le rapport à l'espace, l'architecture ainsi que les conditions
de vie en zones urbaines.
« City », répétition comme à l'infini
de 231 petites toiles rectangulaire assemblées, construit
un puzzle architectural de vue globale, qui avec une certaine distance
face à l'oeuvre, forme la façade d'un immeuble. Elle
nous sensibilise ainsi sur l'uniformisation des modes de vie.
Sur chaque toile les noms de villes de pays sont sérigraphiés
de couleur noire sur la toile. Quelle que soit la cause de l'immigration
citadine, elle évoque la communauté pluriethnique et
pluriculturelle …Par sa richesse, l'immigration urbaine, qu'elle
soit due à la guerre, à l'économie ou encore
simplement au rêve d'une vie meilleure en ville, confronte
et enrichit les cultures par le regroupement ethnique et social.
Une mise en abîme, face à cette oeuvre suggérée,
prend place avec une toile représentant une porte ouverte
centrée sur une ampoule, dans la démarche d'une visite
de l'espace urbain intérieur.
Le paysage urbain extérieur est exprimé par quatre
diptyques bicolores agrémentés de phrases sérigraphiées.
Sébastien Mehal nous interpelle au delà de l'apparence
et de la transparence sur la socialisation urbaine mais introduit
aussi une réflexion plus générale sur la ville
et sa complexité mystérieuse.
Comme un fil rouge, l'ombre
de la solitude lie ces différentes
oeuvres sur le paysage urbain. Elle oppose par exemple un lustre
baroque, que l'on devine de cristal, scintillant et ostentatoire, à une
simple ampoule, forme précaire de luminosité. Motif
récurrent de ses tableaux, cette dernière symbolise
certes la lumière physique, mais se pose au-delà, en
métaphore de l'effervescence de l'esprit humain.
Une installation sonore
alimente l'espace de l'exposition, en captant par des micros directement
implantés à l'extérieur,
les bruits familiers de la rue, et accompagne, comme un document
auditif, une lecture personnelle de spectateur sur le paysage urbain.
A l'occasion de cette
double exposition-évènement
un catalogue sera édité .
Delphine Bauer
|