Aniello Barone est né en 1965 à Naples
(Italie). Il vit à Naples.
Depuis 1994, Aniello Barone photographie la réalité des
villes et des banlieues avec une prédilection pour l'environnement,
l'immigration et la marginalisation. Ses travaux ont été exposés
dans de nombreuses villes italiennes.
Le Naples d'Aniello Barone est une vision personnelle d'un espace géographique
aujourd'hui au centre des débats électoraux, environnementaux
et sanitaires à résonnance internationale. C'est pourquoi
la galerie PIÈCE UNIQUE n'a pas hésité à bouleverser
sa programmation pour se trouver au coeur de l'actualité afin
de dénoncer la gestion irresponsable qui a conduit la province
de Naples à être victime d'un cas d'urgence en présentant
le travail de Barone qui confirme ici son engagement dans l'environnement
en nous questionnant sur une réalité accablante : le
débordement des ordures.
La série inédite de photographies noir et blanc présentée à PIÈCE
UNIQUE VARIATIONS, avec un grand format à PIÈCE UNIQUE,
est une sensibilisation pour pointer du doigt ceux qui ont « bradé » la
dignité des Napolitains en les assiégeant avec des ballots
de déchets. On y voit pêle-mêle les sacs poubelles
et les détritus s'étalant à perte de vue ; ici,
au pied des maisons et, même, des vitrines de mode ; là,
disséminées dans les champs ou accompagnant l'autoroute,
toujours plus loin… La force bouleversante de ces images tient à la
double tension que l'artiste installe entre l'esthétique de
son oeuvre et la violence faite à ces paysages, entre la nature
documentaire de ses photos et les sentiments d'une réalité fictionnelle
qu'elles inspirent. Le titre de l'exposition Il Magnifico Orrore (« L'Horreur
Magnifique ») dit bien le trouble qu'elles suscitent.
Il y a les photos et il y a les textes. Ceux des écrivains Erri
De Luca et Tahar Ben Jelloun, « endeuillés par tant de
laideur organisée », qu'ils ont écrits pour le
livre à paraître consacré à Aniello Barone
sur ce travail précisément. Ils participent ainsi à la
conscience d'une catastrophe et illustrent avec poésie cette « crise
des ordures ».
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