Pour sa troisième exposition, (L)ivre de
nuit, à la galerie Lara Vincy, à la suite de "Boules
?" en 2004 et de "Bibliothèque idéale" en
2006, Jean-Luc Parant donne ici à voir une compilation de
ses différents livres et bibliothèques touchables :
les uns de papier ou de cire, les autres de terre cuite. Ces livres
de terre cuite enveloppent la première partie de la galerie
comme un ruban conducteur, tandis que deux bibliothèques jumelles
en cire et en papier répondent à leurs versions de
taille réduite dans le reste de l'espace de la galerie. Une
expérience tactile autant que mentale à travers la
nuit de nos mains et de nos yeux : du toucher au touchable, et de
la vue au visible.
« Nous touchons sinon nous ne serions pas nés. Nous
touchons la terre avec nos pieds pour avancer, nous touchons le ciel
avec nos yeux pour penser et nous touchons l’autre pour nous
continuer et nous perpétuer. Nous sommes des aveugles, nos
yeux sont fermés, nous touchons sans cesse, nous sommes dans
la nuit la plus noire pour pouvoir inscrire notre passage. Nous sommes
dans l’obscurité de notre tête pour tracer des
signes assez profondément pour que rien ne puisse les recouvrir
et que nous puissions marquer la surface où nous nous déplaçons
sur le sol et dans l’espace d’empreintes ineffaçables.
Nous touchons parce que la nuit – le vide infini, les distances
démesurées, le temps sans fin – recouvre la peau
de nos mains et la peau de nos yeux. »
Jean-Luc Parant
Né en 1944 à Tunis,
Tunisie.
Vit et travaille en France.
Jean-Luc Parant poursuit une œuvre double d’artiste et
d’écrivain tout à fait singulière.
Il s’intitule lui-même “fabricant de boules et
de textes sur les yeux” dès le début des années
70.
En 1962/63, il réalise ses premiers tableaux de cire en relief,
puis en 1971 ses premières boules comme autant de
projections d’yeux dévorant l’espace et le monde.
Ce répertoire élémentaire qu’il s’est
choisi, boules et yeux, a façonné son travail artistique
et littéraire acharné fait d’ “obsessionnelle
obstination” (Alain Jouffroy).
|