MARKO VELK né en 1969 à Split, Croatie.
Il vit et travaille à Paris.
Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des
Arts Décoratifs.
Récentes expositions:
Cuetoprojectgallery, New York, USA, (2007).
Nombreuses expositions à Paris ( de 2000 à 2007)
Galerie IUFM Confluence(s) à Lyon (2006).
Centre Culturel Français de Kiev, Ukraine (2001).
Musée d’Art Moderne, Belgrade, Yougoslavie( acquisitions).
Le visage comme apparition s’inscrit dans une longue tradition
occidentale. Le portrait est au coeur de notre histoire de la représentation,
son fondement.
Marko Velk à travers ses dessins décrit le rêve
de Kemov, son double : un songe hanté de visages au fusain
et pastels qui surgissent ou disparaissent sur la toile selon son
point de vue. Portraits contemporains de figures intemporelles. L’artiste
s’appuie sur les caractéristiques propre au dessin ( économie,
force d’évocation) et lui donne ainsi ses lettres de
noblesse. L’économie de moyens est caractéristique
du travail de cet artiste : seul le noir du charbon devient couleurs,
chairs et présences. Images en négatifs d’un
réel aux allures de songes, qui évoquent également
les premiers négatifs de la photographie puis ses avatars
avec ses images qui prétendaient saisir l’image de spectres
ou de personnes disparues et qui fleurirent au XIX ème sciècle.
Notre tradition a depuis le christianisme développé différents
mythes sur l’apparition du visage dans l’art occidental.
On raconte ainsi qu’en Asie Mineure, le roi d’Edesse,
Abgar V, prince de Mésopotamie au premier siècle et
atteint d’une maladie incurable envoya son archiviste, Hanna,
chercher Jésus afin de le guérir. Hanna voulu réaliser
le portrait du prophète mais cela ne lui fut pas possible “à cause
de la gloire ineffable de son visage qui changeait dans la grâce”.
Le Christ prit alors un linge, s’y lava le visage et ses traits
se fixèrent sur la toile donnant naissance au “Mandylion”,
réputé première icône. Autre tradition,
celle-ci venue de Rome, sous l’empire de Tibère-César
: sur son chemin de croix, le Christ croisa une femme, Véronique
(“Verum Eikon”: image authentique) qui aurait miraculeusement
recueillie sur un linge l’image de Jésus. Ainsi naquit
le Saint Suaire. Véronique est devenue par la suite la sainte
patronne des photographes et ce n’est pas un hasard.
Par le cadrage de ses oeuvres, Marko Velk souligne
ce caractère
quasi mythique de la représentation de la figure dans notre
art. Ses portraits rêvés pourrait être d’ici
ou d’Asie Mineure, d’aujourd’hui ou d’hier.
Et c’est ce tour de force auquel nous invite ce jeune artiste
qui parvient à relier cette longue tradition à notre
art le plus actuel
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