Serge Onnen est né en 1965 à Paris,
il vit et travaille entre Amsterdam et New-York où ses oeuvres
sont régulièrement exposées depuis 1996. Il
a été présenté pour la première
fois en France en 2004, à la Galerie de Multiples à Paris.
Il fait partie des 28 artistes internationaux sélectionnés
pour la dixième édition "Sonsbeek 2008" à Arnhem
(Pays-Bas), exposition internationale de sculpture, dont la thématique,
cette année, est la "Grandeur".
Les dessins, films d’animation, objets et sculptures de Serge
Onnen décrivent un univers singulier, onirique et drôle.
C’est avec un regard amusé sur le monde contemporain,
la société de consommation, les relations entre l’homme
et son environnement qu’il imagine des situations étranges,
irrationnelles et fantastiques. Il s’intéresse particulièrement
aux notions de possession, de matérialisme et de cupidité véhiculées
par le monde occidental. Dans son exposition L’eau gratuite
présentée il y a deux ans à la galerie Barnoud
(du 14 avril au 31 mai 2006), il attirait notre attention sur le
caractère ambigu de notre perception de l’eau : tantôt
rare, tantôt abondante selon les endroits, tantôt chérie,
voire divinisée, tantôt gaspillée…
Cette année, avec l’exposition Le feu gratuit, il se
consacre à un autre type de matière insaisissable :
l’argent. Matérialisation d’une valeur économique
sous forme de billets de banque ou de pièces de monnaie, il
circule, est amassé, dépensé, échangé,
négocié… Il suscite de multiples comportements,
parfois excessifs, voire nuisibles, souvent dominés par la
cupidité. Il régit souvent les rapports sociaux, établissant
frontières ou affinités entre les gens. C’est
l’instrument de la puissance, qui fascine ou repousse. On parle “d’argent
sale’’, on dit que l’argent ne fait pas le bonheur,
mais le geste de Serge Gainsbourg brûlant un billet de 500
francs en direct à la télévision scandalise.
Serge Onnen constate que dans notre système économique,
les choses gratuites sont considérées comme inférieures.
A la galerie Barnoud, dessins, objets et films d’animation
réalisés à l’aide de phénakistiscopes*,
explorent la complexité et les paradoxes du lien que nous
entretenons avec l’argent.
* Inventé en 1831, appareil formé de deux disques,
qui donne l’illusion du mouvement par la persistance des images
rétiniennes, ancêtre du cinéma.
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