Mens Rea
Intention Criminelle
É
tat d’esprit indiquant la culpabilité requis par statut
comme élément d’un crime.
Searching for Lola Ramona, la nouvelle installation de Mac Adams se
présente
comme la reconstitution d’un garage clandestin plongé dans
la pénombre. Dans
cette atmosphère un peu louche mêlant éléments
de mécanique et photographies
obsessionnelles, une radio diffuse l’histoire d’une jeune
femme à plusieurs voix inspirée
par une photographie de l’artiste, à l’origine de
son dernier livre Mens Rea
(Editions de l’oeil, Paris, 2006). Les codes du film noir et
du roman policier sontà nouveau convoqués dans cette installation qui place le visiteur
dans la peau d’un
détective à la recherche d’indices sur une scène
de crime. En parallèle, des photographies
inédites de la série des Mysteries sont présentées
dans la galerie. L’exposition
07-70 s’articule donc en deux moments et deux espaces distincts
: du regard distancé du visiteur sur les photographies des années 1970 à son
implication physique
dans une installation inédite.
Dès 1968, Mac Adams travaille sur la notion de « photographie
narrative». La première
série, intitulée Mysteries, raconte des histoires de
crimes. A cette époque, l’art
conceptuel se définit et se construit avec des éléments
extérieurs à l’oeuvre: preuves,
certificats, informations complémentaires... En réaction à cette
tendance, Mac Adams
introduit la notion de fiction dans ses photographies. Il s’inscrit
ainsi dans le courant
conceptuel et y répond de façon différente: dans
la narration, tout se trouve à l’intérieur
de l’image, toutes les informations sont immédiatement
accessibles.Traiter le
crime est aussi une façon de comprendre les comportements humains à travers
leurs
excès.
Au départ, Mac Adams réalise des «environnements»,
de véritables mises en scène
tridimensionnelles témoignant d’une action souvent violente
qui aurait eu lieu à un
moment donné.Très vite, ses installations deviennent
des photographies composées
de manière extrêmement rigoureuse.
Il utilise le procédé cinématographique et pictural:
l’oeil est dirigé; il réalise de véritables
synopsis afin d’intégrer un maximum d’informations
dans la même image.
Mac Adams rassemble des «acteurs» et un décor qu’il
met en scène au moment de la
prise de vue. Il utilise le diptyque ou l’effet de miroir brisé afin
de faire ressortir la
notion de temps: avant et après. Les indices sont visibles et
l’histoire se reconstitue.
Cependant, c’est moins la lecture linéaire d’une
enquête policière qui intéresse Mac
Adams qu’une histoire ouverte générant différentes
interprétations. Il part toujours
de quelque chose qu’il invente et qu’il réalise
autrement que sur la surface du papier.
L’histoire existe avant d’être retranscrite. Il n’y
a ni trucage ni retouche. C’est au
moment de la prise de vue qu’une réalité en décline
une autre et c’est la photographie
qui restitue l’unité de la narration. En cela, il est
proche de l’artiste peignant
d’apès nature et non d’après un document:
: il est lui-même le témoin de la scène. Le
regardeur fait l’oeuvre et les indices peuvent être interprétés
de façon contradictoire.
L’oeil se perd dans la multiplicité d’éléments
qui se répondent et se disjoignent en
même temps. Il rend le témoin occulaire intime avec la
scène, le regardeur devient
voyeur et témoin à la fois, spectateur et acteur.
Mac Adams dénonce le pouvoir de l’image et les manipulations
possibles du «faiseur
d’image». Il met en évidence la façon dont
le sens est altéré et controlé. Ce qui parraîté
vident dans la représentation d’une certaine réalité n’est
jamais la réalité ellemême.
Toute son oeuvre est un jeu à la fois ludique et lucide avec
cette notion
ambigüe de réalité. Mac Adams parle de cet espace,
difficilement cernable, qui se
trouve entre ce que l’on voit et ce qui existe rééllement.
Ses pièces sont une sorte de «
narration suspendue » dans laquelle le spectateur a la première
place dans la
construction de «l’histoire».
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