Décliner « X »,
c’est admettre que sous la lettre se
révèle le signe exact d’une croix oblique ; tracé au
lourd passif où se côtoient l’anonyme et le
pornographe, celui qui montre pour mieux se
masquer, dans un jeu de clair obscur où les choses
prennent parfois des apparences trompeuses.
X Generation, c’est aussi sociologiquement la
génération que l’on dit sacrifiée, celle
en quête
d’identité, dans la promesse d’un avenir meilleur.
Pour ce dernier opus de la saison 06-07, le centre
des arts interroge ce phénomène via les collections
du National Taiwan Museum of Fine Arts. En
quelques 10 000 oeuvres, cette institution
nationale retrace son histoire insulaire depuis le
19è siècle et développe à ce jour un secteur
de
création numérique de pointe, capable de témoigner
de l’activité prolifique de ce pays en termes de
nouvelles technologies et de multimédia. À
cette occasion, le centre des arts accueille en
exclusivité le regard d’artistes dont les créations
expriment leur sentiment par rapport à la société taiwanaise contemporaine et plus largement,à l'existence
humaine et aux questionnements identitaires. Génération
X devient donc un instantané en prise avec l’actualité de cette île
;
une exposition dont le propos tente de fixer la
perception singulière de 7 artistes au travers
d’une série d’oeuvres inédites…
L’installation vidéo de Chieh-Jen Chen
est un
témoignage de l’histoire industrielle locale,
confrontant le regard d’ouvrières revenues sur les
lieux de leur usine de textile aujourd’hui fermée
et visionnant dans les locaux désaffectés, des
images d’archives de leur quotidien d’autrefois.
Guang-Ming Yuan propose une installation vidéo
interactive mettant en scène un lit sur lequel des
projections retranscrivent les images mentales
d’un insomniaque, images à mi-chemin entre
fantasme et cauchemar. Une autre projection,
celle de Ya-Hui Wang et qui nous révèle une table
dans un espace sombre. La chute de divers objets y
est mise en scène, brutale et répétitive, puis
soudainement suspendue et parfois syncopée.
Tung-Lu Hung met en avant un personnage de jeu
en ligne japonais devenu le symbole -et un
modèle idéal ?- de l’innocence et
de l’audace pour toute une génération de
taiwanais.
D’autres artistes encore se jouent des codes
physiques et sexuels, révélant ainsi une identité troublée et troublante… Daniel Lee présente
un long panoramique numérique où l’atmosphère
nocturne et feutrée d’un salon révèle
des
protagonistes rattrapés par leur instinct animal,
une cène en sorte, où les individus sont
appréhendés en termes de proies et de prédateurs.
Le travail photographique de Tien-Chang Wu
illustre quant à lui des personnages grimés dans
des univers surnaturels et inquiétants en proieà la confusion et à la
moquerie. Enfin, Shu-Min Lin nous livre le portrait d’un acteur de théâtre,
dont
l’hologramme nous le montre tantôt naturel et
officiel, tantôt travesti… |