Lorsqu’il y a vingt
ans, nous avons au sein de Libération créé avec
Zina Rouabah, VU, Agence de photographes, nous ne savions pas
vraiment où cette aventure pourrait nous mener. Mais nous
avions des convictions, entre autres celle de réellement
considérer le photographe comme un auteur, de réunir
des diversité d’écriture et de regards et
le désir fort de répandre, au niveau international
dans la presse, et également dans le réseau culturel,
des façons singulières de questionner le monde
et de le mettre en forme.
Le temps a
passé, les conditions économiques se
sont dégradées dans maints secteurs, les technologies
ont radicalement évolué, qui nous obligent à repenser
nos métiers, mais les principes de départ, enrichis
au fil des ans de l’arrivée de nouveaux auteurs aux
propositions visuelles novatrices n’ont pas bougé.
C’est à la fois notre fierté et notre raison
d’être. Tout comme d’avoir réussi à rester
indépendants quand la profession subissait rachats et concentrations.
Cela n’a été possible que par l’engagement,
il y a dix ans, de Xavier Soule et du groupe Abvent qui ont décidé d’accompagner
VU’ et de l’aider à se développer.
La dimension la plus spectaculaire de ce développement,
outre les aspects techniques, s’est matérialisée
par l’ouverture, en 1998, de la galerie, devenue rapidement
un lieu de référence pour la photographie à Paris.
Prenant prétexte de cet anniversaire, Robert Delpire a
bien voulu consacrer un volume de la collection Photo Poche à VU’.
Une manière de nous inscrire dans l’histoire de la
photographie.
Mieux, il a
accepté, et c’est un réel honneur,
de concevoir l’exposition qui accompagne cette publication.
Et il a, pour cela, non seulement sélectionné avec
passion et pertinence les images, mais créé une surprenante
scénographie qui transforme totalement l’espace de
la galerie pour une circulation inédite. C’est l’un
des plus beaux cadeaux que nous puissions recevoir.
Alors, merci à lui, merci aux photographes, merci à l’équipe
de collaborateurs, merci à ceux qui, depuis vingt ans nous
accompagnent, nous soutiennent et nous permettent d’exister
et d’affirmer notre conviction que la photographie peut encore
avoir un sens et une fonction.
Christian Caujolle