Présentation
Le palais Fesch a été
construit par ordre du Cardinal Joseph Fesch, oncle maternel de Napoléon
Ier né à Ajaccio le 3 janvier 1763, décédé
à Rome le 13 mai 1839.
Le
Cardinal commença à se passionner pour l'art durant les années
passées en Italie. Tout au long de sa vie, il multiplia ses acquisitions
lors d'expositions, de ventes publiques, chez des artistes et marchands d'art
après avoir bénéficié des confiscations des guerres
d'Italie.
Le voeu du Cardinal était de créer à
Ajaccio, sur le bord de mer, dans le quartier Saint-Roch, un grand établissement,
« un Institut des Arts et des Sciences ».
Sa gigantesque collection était composée à sa mort de 17
626 objets d'art dont environ 16 000 tableaux, c'est-à-dire plus que n'en
possédait aucun musée de peintures de l'époque. Le Cardinal
était certainement l'un des plus grands collectionneurs de son temps.
Ce
grand amateur d'art légua à sa ville natale plus de mille tableaux
ainsi que des meubles et des objets d'orfèvrerie, des soieries. Le musée
Fesch devient, de ce fait, le plus important musée de France après
le Louvre pour les peintures italiennes. Trois fonds majeurs se détachent
plus particulièrement du panorama de la peinture italienne du Trecento
au Settecento : les Primitifs, la peinture baroque romaine, la peinture baroque
napolitaine.
Le
Palais, commencé en 1827 par l'architecte Frasseto, ne fut achevé
que sous le Second Empire par Jean Cazeneuve qui aménagea l'aile nord (Bibliothèque
Municipale) et Alexis Paccard (1813-1867) qui construisit l'aile sud (Chapelle
impériale) avec la collaboration de Jérôme Maglioli (1812-1885).
La statue située au centre de la cour est celle du cardinal Fesch, exécutée
par le sculpteur parisien Vital-Dubray.
Au
début de l'année 1843, le Conseil municipal invita le maire, P.F
Peraldi et A. Ponte à se rendre à Rome pour recevoir le legs. Un
an plus tard, l'aile nord du bâtiment achevé était destinée
à l'exposition des tableaux ; une autre partie du palais devait abriter
un collège d'enseignement secondaire.
L'existence
du musée Fesch remonte à l'année 1852 (il comptait alors
843 peintures). Signalons que des donations et des legs vinrent s'ajouter au cours
des ans à celui du Cardinal (dont celui de Félix Baciocchi en 1866).
Dans les années qui ont suivi le dernier conflit mondial, le musée
avait été réduit à trois salles.
Cette
situation dura jusqu'à la fermeture du musée au public en juin 1979.

Les travaux,
commencés en 1977, représentent une douzaine d'années de
labeur effectué sous l'égide de l'architecte Christian Germanaz,
secondé de Mr. J-C Yarmola. Les travaux ont consisté à épurer
le bâtiment de manière à rendre sensible sa structure parallélépipédique
par des percements qui relient visuellement les espaces intérieurs, créant
l'impression d'un ordre monacal, dont l'élégante rusticité
(murs et plafonds traités à la chaux, sol de terre cuite polie)
est destinée à mettre en relief par contraste la richesse et la
sensualité des tableaux d'une collection à dominante baroque.
Le musée
dispose ainsi d'une surface de 5000 m2 comprenant trois salles d'exposition temporaire
au rez-de-chaussée, 21 salles d'exposition permanente aux autres niveaux
du bâtiment et une grande galerie.
Ayant subi les outrages du temps, des intempéries ou encore des parasites,
quelque trois cents oeuvres ont dû être restaurées. Certaines
pièces de la collection Fesch, présentant des problèmes minimes,
des altérations locales ont pu être restaurées sur place.
Celles nécessitant des soins fondamentaux et le recours à un appareillage
scientifique très sophistiqué ont été envoyées
à Versailles au service de restauration des musées de France (158
tableaux sont partis à Versailles le 28 décembre 1978). Aujourd'hui,
environ trois cent cinquante tableaux sont exposés.
La rénovation du musée et la restauration des tableaux furent entreprises
sous l'égide de Marie-Dominique Roche, alors conservateur du musée
Fesch. L'inauguration du musée Fesch a eu lieu le 9 juillet 1990 en présence
du Ministre de la Culture, Jack Lang.
Ainsi, le musée Fesch rénové retrouve sa vocation initiale,
souhaitée par son fondateur, d'instrument d'éducation d'une richesse
exceptionnelle.