Présentation
Le Frac Champagne-Ardenne
représente dans cette région un véritable enjeu pour l'art
contemporain.
En
effet, le Centre d'art contemporain Passages à Troyes et le Frac y sont
les deux seules structures totalement dédiées à la diffusion
de l'art contemporain. Créé en 1982 à l'instar des autres
Frac, le Fonds régional d'art contemporain Champagne-Ardenne est piloté
dans un premier temps par le conseiller pour les arts plastiques alors en place,
Jacques Defert.
C'est
à l'arrivée de son premier directeur, Catherine Bompuis, en 1984,
que les activités du Frac commencent à se structurer. Compte tenu
de l'absence d'un lieu qui lui soit propre, le Frac propose alors des expositions
d'artistes invités (Klaus Rinke, Raymond Hains
) dans divers lieux
de la région. La collection est également présentée
dans différents lieux, de façon "ciblée". Laurence
Imbernon succède à Catherine Bompuis en 1988. Elle poursuit cette
politique de diffusion au plan régional encore plus largement. Toutefois
à partir de 1990, date d'ouverture de l'espace du Frac, cette politique
tend à se modifier pour impulser progressivement les activités du
Frac dans son propre espace.
Bernard
Stasi, alors président du Conseil Régional, sera le premier président
du Frac de la date de création jusqu'en 1987. En 1987, Michel Laval lui
succède.
Jusqu'en
1988, le Frac se trouve sous la tutelle de l'Office régional culturel de
Champagne-Ardenne (ORCCA), pour ensuite se constituer, à la demande des
pouvoirs publics, en association régie par la loi du 1er juillet 1901.
Son conseil d'administration
est composé de membres de droit représentant la Région et
l'Etat, et de membres élus représentant la Ville de Reims ainsi
que l'ensemble des partenaires institutionnels et artistiques régionaux.
L'espace du Frac,
mis à disposition par la ville de Reims, est situé dans l'enceinte
de l'Ancien collège des Jésuites, seul bâtiment du XVIIe siècle
encore présent à Reims.
Successivement
collège, hôpital, puis hospice, l'Ancien collège des Jésuites
est un lieu chargé d'une mémoire importante, comme en témoigne
la partie historique : la bibliothèque, le réfectoire
Le
Frac s'est installé en novembre 1990 dans l'aile droite (aile Gambetta),
reconstruite au XIXe siècle et qui par conséquent n'est pas classée,
à la différence de l'ensemble des bâtiment. Au départ,
quatre niveaux devaient être aménagés, trois seront en fait
traités dans le cadre d'un projet conçu par l'architecte Claude
Tautel.
Plus
qu'une rénovation, cette réhabilitation fait part d'un véritable
projet architectural réunissant les conditions techniques nécessaires
à l'exposition et la collection de la création contemporaine.
Le
bâtiment occupé par le Frac, d'une superficie totale d'environ 800
m², est réparti de la façon suivante:
le sous-sol est occupé par les réserves (stockage des oeuvres et
atelier),
le rez-de-chaussée est réservé aux expositions,
et dans cet espace intermédiaire propose un point d'accueil-documentation/vente,
le premier étage se partage entre deux espaces d'exposition et un
espace réservé à l'administration et la documentation.
Vocation
:
La constitution
et la diffusion d'une collection d'oeuvres d'art contemporain, la programmation
et la réalisation d'expositions temporaires d'artistes contemporains, l'édition,
l'organisation d'actions de sensibilisation et de formation pour des publics divers,
en particulier celui du monde scolaire et universitaire et d'une manière
générale tout ce qui concourt à la promotion et la création
de l'art contemporain.
La
constitution du fonds s'établit avec la collaboration d'un comité
technique/consultatif d'achat. Ainsi, différents comités techniques
se sont succédés au Fonds régional d'art contemporain Champagne-Ardenne
et l'on peut distinguer trois phases d'acquisition :
La première s'est tournée vers la création contemporaine
régionale et la photographie.
La seconde phase, sous l'égide
de Catherine Bompuis et de son comité technique, s'est ouverte à
la création contemporaine au plan national et international, tout en conservant
un regard sur la création régionale.
Sont alors acquises des
oeuvres d'artistes désormais de renommée importante comme Jean-Michel
Alberola, Jean-Pierre Bertrand, Jeff Wall, Gilberto Zorio
Les activités
du Frac génèrent également des acquisitions : les oeuvres
de Klaus Rinke ou de Raymond Hains sont achetées à l'occasion d'expositions
organisées par le Frac.
Dans un troisième temps, Laurence Imbernon
et son comité technique ont souhaité développer plus encore
l'orientation photographique de la collection.
Une quatrième phase,
qui tient compte de la collection existante (par exemple, constituer des ensembles)
tente, à l'instar du parcours accompli, de s'attacher à des artistes
de qualité de provenance régionale, nationale et internationale,
et de développer en particulier une adéquation entre les expositions
et leur mémorisation à travers la collection.
Diffusion
:
Désormais,
les prêts d'oeuvres en région s'effectuent sur la base d'une convention
qui garantit un certain nombre de conditions : conditions d'accrochage, sécurité
des oeuvres, médiatisation de la manifestation ou accompagnement pédagogique
de celle-ci et bien sûr prise en charge de l'ensemble des opérations
par l'emprunteur. Ainsi, une convention est instaurée avec la Préfecture
de l'Ardenne et de nombreux projets ont été réalisés
ou sont en cours avec des associations d'enseignants (Aleph, Arantèle)
ou directement avec des enseignants d'arts plastiques et des conseillers pédagogiques.
Depuis juillet
1994, les expositions/diffusion de la collection se sont déroulées
sur la base de cette convention et dans les meilleures conditions : Festival d'Othe,
Collège Briand à Revin, Mairie de Fismes, Collège Trois-Fontaines
à Reims, Centre culturel Les Tourelles à Vouziers, Collège
Scamaroni à Charleville-Mézières
De plus, un projet
de présentation de longue durée d'une sélection d'oeuvres
commençant à prendre un caractère historique devrait débuter
en 1997 au Musée des Beaux-Arts de Troyes.
Programmation
et expositions :
Par
vocation et aussi pour des raisons budgétaires, le Frac Champagne-Ardenne
se destine plus particulièrement à la présentation de la
création de "jeunes" artistes. Sa vocation n'est pas tant d'historiser
mais plutôt d'expérimenter et de contribuer par ses propositions
à la promotion de l'art d'aujourd'hui et peut-être à la constitution
de l'art de demain. Cependant, il n'est pas exclu qu'une telle "cellule"
expérimentale s'autorise des collaborations avec des artistes plus reconnus,
dans la perspective d'une filiation revendiquée par les jeunes artistes
eux-mêmes.
Documentation :
Le
Frac a mis l'accent sur la documentation déjà constituée
en l'aménageant différemment et en la rendant accessible aux étudiants
et aux enseignants, sur rendez-vous.
Son
fonds, constitué d'environ 3500 ouvrages, est actuellement complété,
par le biais d'échanges et d'achats.
Le
fonds est essentiellement réparti entre catalogues monographiques et d'expositions
personnelles, catalogues d'expositions collectives et périodiques.
Pédagogie, formation :
Un
des premiers objectifs a été d'inciter les étudiants de l'Ecole
supérieure d'art et de design de Reims à utiliser le Frac Champagne-Ardenne
comme un lieu de réflexion, d'échange, voire comme un outil. Les
conventions permettent aux étudiants de participer au montage des expositions,
d'assurer la réception du public, sous formes de visites guidées,
de réaliser des reportages-vidéo sur les artistes et les expositions.
Concernant
le milieu éducatif, lycées, collèges, primaires et maternelles
comprises,: un service éducatif minimum s'est mis en place avec les actions
suivantes : diffusion de l'information, réception des enseignants afin
de préparer les visites accompagnées de leurs élèves,
mise à disposition d'une diathèque des expositions et du Videomuseum
pour la collection et visites guidées. Pour le public des adultes, cette
action est complétée par les visites commentées des expositions
et des cycles de conférences organisés plus ponctuellement.