Présentation

Le
premier parti pris du Fonds régional d'art contemporain de Bretagne fut
de réunir un ensemble d'oeuvres significatives d'un moment - les années
50 - choisies dans l'axe de pensée du critique et poète Charles
Estienne engagé avec passion dans le combat entre Abstraction et Figuration
de l'après-guerre.
Au
Musée des Beaux-Arts de Brest, au cours de l'été 1984, l'exposition
Charles Estienne, une idée de nature, accompagnée d'un ensemble
documentaire important, témoignait de cette aventure nouée entre
1940 et 1950 par des artistes qui étaient pour Charles Estienne le "secteur
des découvertes" : Hantaï, Degottex, Loubchansky, Bryen, Brassaï,
Duvillier, Lapicque, Moser, Soulages.
Ce
choix constitue l'ancrage historique des collections, il induit aussi un mode
de développement : plusieurs oeuvres sont autant de jalons qui permettent
une meilleure compréhension du travail d'un artiste. Aussi, aux oeuvres
de 1954 de Hantaï, Degottex, Soulages
répondent celles de 1974,
1979, 1983.
Un
autre principe fut d'enrichir la collection autour de quelques axes forts. Parmi
ceux-ci, la peinture abstraite a été privilégiée.
C'est ainsi qu'a été rassemblé un certain nombre de monochromes
"sensibles" avec les oeuvres de Geneviève Asse, Pierre Soulages,
ou Pierre Tal-Coat. Les oeuvres de Martin Barré, Jean-Pierre Bertrand,
Peter Joseph, Robert Mangold, complètent ce registre. L'acquisition d'oeuvres
de François Morellet, Aurélie Nemours, Fred Sandback, Julije Knifer,
Gottfried Honegger, marquent, quant à elles, une orientation nouvelle vers
une abstraction plus intellectualisée où l'ordre mathématique
domine.
Le thème
du paysage a été prétexte à l'acquisition d'oeuvres
nombreuses, avec un intérêt tout particulier accordé au courant
anglo-saxon : Richard Long, Hamish Fulton, Roger Ackling, David Tremlett, John
Hilliard, Nils-Udo, Bill Vazan, Jochen Gerz. Ici, l'expérimentation de
l'espace et du temps requiert l'utilisation du médium photographique.
La
collection du Frac Bretagne a largement pris en compte l'émergence décisive
de la photographie dans les pratiques artistiques. Ainsi, Dieter Appelt, Berndt
et Hilla Becher, Hervé Lemasson, Christian Milovanoff, Philippe Oudard,
Keiichi Tahara, Nancy Wilson-Pajic, Patrick Tosani ont en commun une approche
sensible de la réalité et de la qualité d'interrogation du
regard. Quant à Lynne Cohen, Hannah Collins, Karen Knorr, Louise Lawler,
Olivier Richon, ils utilisent la citation et la distanciation pour une démarche
critique qui introduit la photographie dans le champ pictural.
La
sculpture a d'emblée constitué un pôle d'intérêt
majeur avec des oeuvres de Bertholin, Kate Blacker, François Bouillon,
Jean-Marie Krauth, Wolfgang Laib, Anne et Patrick Poirier, Jacques Vieille, Elisabeth
Ballet, Marie Bourget, Toni Grand, Rebecca Horn. L'ouverture du Parc de Sculptures
de Kerguéhennec, au début de l'été 1986, a permis
de développer de manière significative cette représentation
par le biais de la commande de projets et de réalisations à des
artistes. Des oeuvres de François Bouillon, Eitenne Hajdu, Richard Long,
Giuseppe Penone, Jean-Pierre Raynaud, Ulrich Rückriem, Keith Sonnier, Gilberto
Zorio, sont d'ores et déjà installées dans les espaces extérieurs.
Tandis que la programmation des espaces intérieurs a trouvé son
prolongement dans l'acquisition d'oeuvres de Robert Grosvenor, Willi Kopf, Susana
Solano, Didier Vermeiren, Carel Visser, Jackie Winsor.
D'autres
données ont infléchi la politique d'acquisition : l'origine géographique
de deux membres fondateurs du Nouveau Réalisme - Hains, Villeglé
- qui induit la constitution d'un ensemble autour de ce mouvement, la volonté
de soutenir la création en Bretagne, et notamment les jeunes artistes -
Pascal Brunard, Marc Didou, François Dilasser, Nicolas Fedorenko, Bernadette
Genée, Yvan Le Bozec, Claire Lucas, Hung Rannou, Pascal Rivet, Patrick
Talouarn.
Inscrit
dans un réseau de partenaires travaillant à la diffusion de l'art
contemporain, le Frac Bretagne a naturellement choisi que des oeuvres importantes
présentées ou produites en Bretagne, demeurent dans la collection
régionale. C'est le cas notamment de Patrice Carré, Haim Steinbach,
Ilya Kabakov, Lewis Baltz, Stanislav Kolibal, Robert Milin, Harald Klingelholler.
Le
Fonds Régional d'Art Contemporain de Bretagne a été créé
en 1981 dans la double perspective de promouvoir les arts plastiques et de réaliser
une véritable décentralisation artistique. Il est financé
principalement par le Ministère de la Culture et la Région Bretagne,
avec deux objectifs essentiels:
constituer une collection d'art contemporain
développer un projet de
diffusion autour de cette collection auprès des différents publics.
Les décisions
d'achat sont prises par un Conseil d'administration composé de représentants
de la Région et de l'Etat, sur proposition d'un Comité technique
d'achat, composé pour sa part de personnalités représentatives
du monde de l'art, choisies en fonction de leurs qualités scientifiques
et professionnelles.
Le
Frac Bretagne est installé depuis 1986 dans une ancienne école de
Châteaugiron près de Rennes, qui abrite les réserves des oeuvres,
le service de documentation, le service éducatif, et accueille depuis 1989
les Archives de la critique d'art.
Les
missions consistent à:
conserver et assurer la maintenance des oeuvres de la collection
organiser
la diffusion des oeuvres : expositions, prêts, dépôts, éditions
proposer des modes de sensibilisation à l'art contemporain dans le cadre
d'un service éducatif,
constituer une documentation sur les oeuvres
et plus largement sur l'art et les artistes depuis 1945
accueillir et mettre
en relation les professionnels concernés : information et assistance technique.