Présentation

Le Frac comporte
504 oeuvres constituant un ensemble très homogène et parfaitement
identifiable tant du point de vue de l'histoire de sa constitution que de son
contenu. Son originalité la plus profonde consiste probablement à
avoir défini un ancrage historique par rapport à l'abstraction géométrique,
une des expériences les plus fondamentales de l'art du XXe siècle.
En ce sens, elle a constitué un "noyau dur" privilégiant
la peinture et constituant un ensemble très significatif portant sur l'art
français, suisse, allemand, hollandais, anglais et américain. Elle
rassemble ainsi un ensemble spécifique autour de l'ancien groupe BMPT (Daniel
Buren, Olivier Mosset, Michel Parmentier, Niele Toroni) dans un contexte élargi
puisqu'il comporte d'un côté, des artistes liés à une
analyse critique de la peinture dans les années 70 et 80 (Alan Charlton,
Claude Rutault, John Armleder, Günter Umberg, Marcia Hafif, Rémy Zaugg,
François Morellet) et de l'autre, des artistes dont les démarches
sont liées à l'art constructif des années 50 et 60 (Aurélie
Nemours, Julije Knifer, Gottfried Honneger). Il s'agit là d'un ensemble
présentant une forte cohérence historique et esthétique avec
des choix précis et rares (Jan J . Schoonhoven, herman de vries) et qui
a su s'ouvrir aux démarches plus récentes de Felice Varini, Bernard
Piffaretti, Bernard Frize, Michel Verjux, Cécile Bart, Elisabeth Ballet,
David Diao.
Un
second ensemble constitué par l'art conceptuel rassemble des oeuvres privilégiant
le langage et la photographie. Il donne à ce Frac une assise spécifique
grâce à des oeuvres essentiellement américaines, posant des
questions sur les pratiques artistiques, soit par rapport à l'art lui-même,
soit par rapport au fonctionnement de l'art dans le contexte social (Haacke, Weiner,
Graham).
D'autres
tendances sont également représentées, les Nouveaux Réalistes,
l'objet, l'Arte Povera (Luciano Fabro, Giulio Paolini) et les Mythologies individuelles
ou l'Art Narratif avec, là aussi, des oeuvres historiques de Didier Bay,
Paul-Armand Gette, Jean Le Gac ou Annette Messager.

L'ensemble
des oeuvres constitue un lieu ouvert et hétérogène tant dans
les médiums, les matériaux que les formes d'accrochage ou de présentation.
Il convient de noter, par ailleurs, que certains artistes sont représentés
par plusieurs oeuvres et que ces dernières ont souvent été
acquises de façon judicieuse par rapport à la production de l'artiste
et à sa présentation nationale (Imi Knoebel, Christian Boltanski,
Jean Dupuy, Imi Polke, Gil Joseph Wolman).
A
côté d'une forte représentation internationale, la collection
comporte également, un ensemble conséquent d'uvres d'artistes
de la région. Ces derniers jouent parfois un rôle conséquent
sur la scène artistique: Cécile Bart, Gérard Delaval, Bertrand
Lavier, Gloria Friedmann, Yan Pei-Ming, Joseline Gelot, Gaspard R., Ghislaine
Portalis, Jacques Vieille, Véronique Verstraete.
Historique
de l'institution
Créé au mois de septembre 1982 selon des statuts
d'association (loi 1901), le Frac Bourgogne inscrit son histoire dans le contexte
d'une région exceptionnellement riche en compétences dès
la fin des années 70.
Le
premier Comité technique, présidé par Serge Lemoine alors
professeur d'histoire de l'art à l'université de Bourgogne, rassemble
des personnalités aussi diverses que Christian Besson, Xavier Douroux,
Alain Coulange, Louis Deledicq
Il définit dès l'origine trois
orientations :
- oeuvres inscrites dans la postérité de l'art
constructiviste et géométrique,
- oeuvres minimalistes et conceptuelles,
ou inscrites dans la postérité de ces deux tendances,
- oeuvres
de jeunes artistes témoignant d'une authentique réflexion sur la
nature et la fonction de l'art.
En 1986, Yves-Michel
Bernard devient le premier directeur. Il installe le Frac au 49, rue de Longvic
dans un ancien
local industriel où il se trouve encore aujourd'hui. Il réalise l'inventaire des collections, édite le premier catalogue
des oeuvres et amorce une politique de diffusion régionale mais, ne
parvenant pas à lui donner le développement voulu face à des
tensions croissantes entre le Conseil d'administration et le Comité technique,
il quitte ses fonctions fin 1989 pour rejoindre l'université de Paris
I.
De
1990 à 1995, le Frac ne recrute pas de nouveau directeur mais réalise
quelques expositions monographiques et thématiques de qualité. Les
acquisitions sont toutefois ralenties et aucune politique de développement
ne parvient à se dégager. Un directeur, Emmanuel Latreille, est
nommé en novembre 1995.
A
partir de 1996, la politique d'expositions à Dijon se fait plus régulièrement
et les acquisitions reprennent, permettant de nouveaux développements de
la collection. La diffusion de celle-ci sur l'ensemble régional permet
aussi que la mission de formation des publics se mette petit à petit en
place.
En 2000,
le catalogue de la collection est réalisé : il fait le bilan de
17 années d'activités et expose les fonctions de l'institution dans
le cadre de la région Bourgogne. Il permet une visibilité exacte
des expositions, acquisitions et collaborations menées entre 1984 et 2000,
jusqu'à la grande présentation au Musée des Beaux-Arts de
Dijon en décembre 2000.