Présentation
Inauguré
en 1998, le Musée d'Art moderne et contemporain s'élève au
bord de l'Ill au cur du quartier historique de Strasbourg.
Oeuvre
de l'architecte Adrien Fainsilber, sa conception repose sur la lisibilité
et l'ouverture, offrant un accès privilégié aux différents
départements du musée : espaces d'exposition, collections permanentes,
cabinet d'arts graphiques et de photographie, service éducatif, bibliothèque,
auditorium, ainsi qu'à un restaurant et une librairie-boutique.
Les
collections, enrichies de plusieurs dépôts d'institutions et de particuliers,
couvrent la période allant de 1870 à nos jours et un domaine géographique
principalement centré sur l'Europe occidentale.
Le
parcours proposé s'articule autour de plusieurs points forts : impressionnisme,
art nouveau, primitivisme, abstraction, surréalisme, nouveau réalisme,
support(s)/surface(s), fluxus, arte povera.
Le
musée est également largement ouvert sur la production la plus actuelle.
Les principaux artistes représentés sont Gustave Doré,
Jean Arp, Max Ernst, Victor Brauner, Frantisek Kupka, Vassily Kandinsky, Robert
Filliou, Daniel Buren, Sarkis, Bertrand Lavier.
De
nombreuses expositions et manifestations (projections, concerts, conférences,
performances) en font un lieu vivant et résolument ouvert.
Collections
De
1870 à nos jours
Les
collections, enrichies de plusieurs dépôts d'institutions et de particuliers,
couvrent la période allant de 1870 à nos jours et un domaine géographique
principalement centré sur l'Europe occidentale. Le parcours proposé
s'articule autour de plusieurs points forts : impressionnisme, art nouveau, primitivisme,
abstraction, surréalisme, nouveau réalisme, support(s)/surface(s),
fluxus, arte povera. Le musée est aussi largement ouvert sur la production
la plus actuelle.
Les
principaux artistes représentés sont Gustave Doré, Jean Arp,
Max Ernst, Victor Brauner, Frantisek Kupka, Vassily Kandinsky, Robert Filliou,
Daniel Buren, Sarkis, Bertrand Lavier. De nombreuses expositions et manifestations
(projections, concerts, conférences, performances) en font un lieu vivant
et résolument ouvert.
Réparties
sur deux niveaux, les collections permanentes du MAMCS se décomposent en
un parcours historique au rez-de-chaussée et un accrochage contemporain,
qui débute à l'arrivée de l'impressionnant escalator qui
s'élève dans la nef.
La collection historique
Les
principaux courants internationaux des avant-gardes sont représentés
dans un parcours à la fois chronologique et thématique couvrant
tous les domaines, y compris les arts graphiques et la photographie, présentés
de façon cyclique.
Des
pionniers de la modernité, comme Rodin, Monet, Gauguin, aux tenants d'un
certain naturalisme (Carrière, Rossetti, Kollwitz), on retrouve les articulations
principales du débat sur la modernité sous-tendu par l'accrochage.
Mais on trouve également les arts décoratifs régionaux (Carabin,
Spindler), qui permettent de situer la production locale au regard des courants
internationaux.
Un
dialogue entre abstraction et figuration
L'axe
principal de la partie historique des collections repose sur un dialogue entre
abstraction et figuration, illustré de façon emblématique
par une huile sur panneau de Francis Picabia présentant au recto une main
stylisée et simplifiée et au verso un portrait de femme empruntant
au réalisme des images de pin-ups. Les uvres de Kandinsky et Kupka
soulignent la transition entre primitivisme et abstraction libre, mais aussi entre
cubisme et logique constructive.
Arp
établit des passerelles entre l'onirisme surréaliste (Victor Brauner
et Max Ernst) et une abstraction organique, qu'il confronte par ailleurs, dans
les études pour le projet collectif de l'Aubette, à la rigueur constructive
de Théo Van Doesburg. Enfin, à l'abstraction d'après guerre,
qui réactive l'opposition entre lyrisme (César Domela, Willi Baumeister,
André Masson) et géométrie (Alberto Magnelli, Aurélie
Nemours, Jean Leppien), succède la nouvelle peinture allemande de Baselitz,
Lüpertz, Immendorff et Schönebeck.
L'autre
préoccupation des avant-gardes, visant depuis Marcel Duchamp et Dada à
reconsidérer la place de l'objet dans l'art, est également représentée
avec un ensemble d'uvres des Nouveaux Réalistes : Affiches lacérées
de Raymond Hains, Accumulations d'Arman, Tableau-piège de Daniel Spoerri.
L'accrochage
contemporain
L'apport
des avant-gardes historiques est encore très sensible dans la création
des années soixante et soixante-dix, notamment dans ses deux courants principaux
: Fluxus et l'Arte Povera. La pratique de la subversion héritée
de Dada, le questionnement sur l'objet et la reconsidération de la place
de l'art dans l'espace social en constituent les fondements.
Les
uvres de Robert Filliou, George Brecht, Wolf Vostell, mais aussi de Pino
Pascali, Jannis Kounellis, Giovanni Anselmo, Pier Paolo Calzolari, interrogent
le rapport à la nature en renonçant aux techniques traditionnelles.
Des espaces consacrés à Daniel Buren et Niele Toroni, fondateurs
historiques du B.M.P.T, et au mouvement support(s)/surface(s) (Daniel Dezeuze,
Noël Dolla, Claude Viallat) introduisent la question de l'uvre d'art
in situ et interrogent l'espace muséal. Interrogations prolongées
par des artistes comme Bertrand Lavier, Didier Vermeiren et Claude Rutault.
Des
uvres faisant appel aux techniques récentes comme les installations
intégrant de nouveaux média (vidéo, son, supports numériques)
ou celles renouant avec des moyens anciens (peinture, dessin, photographie) se
confrontent et dialoguent. Les toiles réalistes de Gilles Aillaud, Jean-Olivier
Hucleux et Gérard Gasiorowski imposent leur caractère immuable face
aux vidéos frénétiques d'Olaf Breuning, tandis que les séries
de dessins d'hémiplégiques de Roland Flexner ou de photographies
de mains meurtries par Dieter Appelt s'opposent autant par leur sujet que par
leurs dimensions à l'univers ludique dans lequel déambule mécaniquement
l'araignée géante d'Alain Séchas.
La
collection photographique
La collection
photographique initialement conservée au Cabinet des Estampes et des dessins
a tout naturellement pris sa place au Musée d'art moderne et contemporain
de Strasbourg.
La
photographie, issue des développements économiques, sociaux, politiques
et artistiques du XIXème siècle, participe grandement à l'émergence
de l'art moderne. C'est un nouveau regard porté sur le monde qui s'ouvre
dans toutes les directions où le visuel est censé être le
reflet du réel.
La
collection photographique du MAMCS repose principalement sur deux fonds importants.
Le fonds Charles Winter (1821-1904), donné par sa fille dans les années
1920, compte des uvres remarquables comme le daguerréotype de l'intérieur
de son atelier. Réalisé au début de sa carrière de
photographe, entre 1848 et 1850, cette composition apparemment désordonnée
est un autoportrait de l'artiste " romantique " qui signe de son statut
de " dessinateur lithographe ".
Pour
les Alsaciens, Charles Winter est d'abord le photographe de Strasbourg, celui
qui a dressé un inventaire de la ville avant qu'elle ne disparaisse ou
se transforme radicalement.
Mais,
c'est un peu faire l'impasse sur d'autres uvres de première importance
comme les travailleurs sur le chantier de construction du pont de chemin de fer
sur le Rhin (vers 1859-60). Aux masses de silhouettes des ouvriers et des machines,
répondent les lignes brisées des croisillons métalliques.
Outre qu'il s'agit d'une remarquable image d'ouvriers sur un chantier -elles n'apparaîtront
dans l'histoire de la photographie qu'un peu plus tard avec Delmaet & Durandel
(1839-1917) au moment de la construction de l'Opéra de Paris -la qualité
et la taille de l'image font de Winter un des deux grands photographes du XIXème
siècle en Alsace avec Adolphe Braun (1812-1877).
Le " Nadar de
la Fleur " a aussi excellé dans le paysage et la photographie du glacier
du Gorner et du Breithorn (vers 1862) conservé dans les collections du
MAMCS et tout aussi important que ses compositions florales.
Au tournant des
deux siècles une collection de première importance du photographe
Edweard Muybridge ( 1830-1904) " Animal Locomotion " introduit une rupture
avec la photographie primitive et annonce une nouvelle approche visuelle qui trouvera
son aboutissement avec les nouveaux courants qui émergent un peu plus tard,
le Futurisme, le Cubisme et l'Abstraction.
Le
début du XXème siècle est représenté par un
photographe local, Jules Arnold (1887-1958) qui, dans la ligne du courant Pictorialiste
produit des uvres selon la technique de la gomme bichromatée qui
furent présentées à l'exposition de photographie de 1906
au Palais Rohan. Mais l'uvre la plus importante de la collection, emblématique
de ce courant, est le portrait réalisé en 1900 par un des chefs
de file du Pictorialisme français, Constant Puyo (1854-1933).
Dans
un registre totalement différent qui ouvre vers la Nouvelle Vision et l'approche
surréaliste de l'image, Eugène Atget (1857-1927) est présent
dans la collection par quelques paysages de Saint-Cloud et de Versailles.
Le deuxième fonds important est celui de la photographe strasbourgeoise
Jacqueline Rau (1901-1994) qui a légué tout son uvre au MAMCS
en 1992. Elle s'inscrit en artiste autodidacte peu au fait des mouvements internationaux
de l'entre-deux-guerres, dans la ligne des photographes qui apportent une révolution
dans la photographie. Ses photographies prennent place auprès d'artistes
comme Laure Albin-Guillot (1879-1962) présente dans les collections.
La photographie contemporaine est très présente aussi bien dans
les accrochages temporaires que dans les présentations du parcours contemporain
du musée. Les acquisitions depuis l'ouverture du MAMCS en 1998 ont permis
la constitution d'une collection de jeunes artistes(Laurence Demaison -née
en 1965- ou Yannick Demmerle -né en 1969) dont le talent les place auprès
d'autres artistes plus confirmés comme Joël-Peter Witkin (né
en 1939), qui rend un vibrant hommage à son illustre prédécesseur,
Charles Winter avec une de ses uvres les plus importantes, L'atelier de
Winter qui associe fantasmes de l'artiste et respect d'une grande uvre du
XIXème siècle.
Le fonds est présenté sous forme
d'expositions temporaires thématiques ou monographiques et ponctue le parcours
historique et contemporain.
Le
cabinet d'art graphique
Le
cabinet d'art graphique, qui partage jusqu'en 1997 un passé commun avec
le cabinet des Estampes et des Dessins de Strasbourg, possède un fonds
de près de 15 000 dessins et estampes d'artistes nés entre 1830
et nos jours ou, pour des oeuvres anonymes, ayant une date de réalisation
à partir de 1870. La richesse de ce fonds est complétée par
une collection d'affiches anciennes fournie illustrant l'histoire de l'affiche
particulièrement en France, Allemagne, Grande-Bretagne et Etats-Unis.
La collection du cabinet d'art graphique est diversifiée. On peut y associer
quelques aspects prédominants : l'oeuvre de Gustave Doré dessinateur,
graveur et illustrateur strasbourgeois, la production graphique de l'ère
culturelle germanique de 1880 à l'aube de la première guerre mondiale
est remarquable du point de vue des collections publiques françaises -
on peut y admirer un ensemble d'oeuvres de Max Klinger, Hans Thoma, Albert Welti
ou Käte Kollwitz. Le fonds n'est cependant pas dénué en oeuvres
d'artistes français : un ensemble de gravures impressionnistes, symbolistes,
des oeuvres marquantes de Hans Arp et Sophie Taeuber-Arp, un fonds très
important d'oeuvres de Marcelle Cahn méritent d'être relevées.
La création contemporaine locale et internationale n'est pas pour autant
absente : Pol Bury, Marlène Dumas, Thomas Huber, Claudio Parmigiani, Ed
Paschke, A.R. Penck et Giuseppe Penone comptent parmi les récentes